Femmes et élues pourquoi pas vous ?
"Il n'est nullement question de faire gouverner la société par les femmes mais bien de savoir si elle ne
serait pas mieux gouvernée
par les hommes et par les femmes."
John Stuart Mill

La Commission Parité du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), sa présidente Mme Bérangère Couillard, les co-rapporteures Marie-Claude Bertrand et Michèle Vianès, et la co-présidente Olivia Barreau ont remis à la ministre Aurore Bergé, le 9 septembre 2026, le rapport « Du plancher collant au plafond de mère : quels leviers pour mettre fin à la pénalité maternelle et construire une réelle égalité socio-économique entre les femmes et les hommes ? »

Le rapport analyse en profondeur l'impact de la parentalité à chaque étape de la vie privée et professionnelle des femmes.

Loin d'être un simple événement biologique ou un arbitrage privé, la maternité réelle, supposée ou anticipée agit comme une véritable pénalité. C'est un mécanisme systémique qui précède et survit à l'arrivée de l'enfant.

  • En amont (Le plancher collant) : La socialisation différenciée et l'orientation sexuée cantonnent encore trop les filles dans les filières du care et du tertiaire. Dès les premières années de vie active, les femmes subissent un écart de salaire à temps plein de 14 % et une surreprésentation dans les emplois à temps partiel et à faible évolution. La « suspicion maternelle », de manière préventive, réduit de 15 % les chances d'obtenir un entretien d'embauche pour les femmes en âge de procréer.
  • Au sein du couple et du foyer : L'inégale répartition du travail domestique est accentuée par une fiscalité désincitative pour le second revenu du ménage. Le HCE prône une réforme des congés parentaux, avec un mois « solo » pour l'autre parent et une individualisation des droits pour garantir l'autonomie financière de chacun.
  • L'impact professionnel à long terme (Le plafond de mère) : Interruption d'activité, passage au temps partiel, freins aux promotions pénalisent durablement les carrières féminines. Perte de droits à la retraite, charge mentale et vulnérabilité financière accrue en cas de séparation ou de monoparentalité : le coût économique de la parentalité continue de reposer massivement sur les mères. En milieu rural, l'isolement, les déserts médicaux et le manque d'infrastructures de petite enfance exacerbent cette pénalité.
« Le problème n'est pas la maternité en elle-même, mais l'organisation sociale et sexiste de la parentalité. Prendre soin ne doit plus signifier ralentir, renoncer ou s'appauvrir. »

Afin d'embrasser l'ensemble des réalités vécues, la Commission Parité formule des recommandations stratégiques structurées autour des grands axes du rapport :

  1. Égalité dans l'éducation et la formation : Intégrer la déconstruction des stéréotypes du care dès le plus jeune âge (programmes EVAR) et instaurer des mécanismes de suivi et d'évaluation renforcés pour inciter les jeunes filles à s'orienter vers les filières scientifiques et numériques.
  2. Lutte contre la pénalité maternelle dans l'emploi, les revenus, le temps et la santé : Sanctionner les discriminations à l'embauche et à la promotion par des opérations annuelles de testing, imposer la transparence sur la présence des femmes dans les viviers de promotion et instaurer des rattrapages salariaux systématiques au retour des congés familiaux. Il s'agit de neutraliser l'impact cumulé du travail gratuit et de la charge mentale sur la santé globale des mères et de garantir leur autonomie financière à long terme.
  3. Politique familiale féministe et autonomie reproductive : Refuser toute approche nataliste culpabilisante ou instrumentaliste qui transformerait les femmes en variables d'ajustement démographique, au profit d'un véritable Service Public de la Petite Enfance et d'un partage égalitaire des congés et des responsabilités parentales.

La maternité ne doit plus être le lieu de création des inégalités sociales, économiques ou territoriales. Pour que la République tienne sa promesse, son coût économique et logistique doit être équitablement partagé entre les mères, les pères, les entreprises et l'État.